Je suis venu au Québec parce que je suis amoureux.
J’aime la France et tout ce qui est français—je souffre d’un cas de francophilie plutôt extrême et pour ça je n’ai pas honte. Au contraire—je suis fier de mon obsession de la France.
On est né Francophile, mais j’imagine que ça s’apprend aussi. Moi, c’est certain que je suis né comme ça—comme enfant, je voulais la France et tout ce qui était Français. Quand j’étais jeune, je suis allé en France pour apprendre le français. J’ai étudié dans une école française, j’ai habité avec une famille française, j’ai voyagé dans tous les coins de la France. J’étais fou—et je suis toujours fou de France.
Alors, pourquoi je n’ai pas simplement voyagé en France cette fois-ci? Parce que c’est le mois d’Août et tout le monde sait que Paris est presque mort au mois d’Août. Moi, je cherche la France vivante. En plus, je cherche la France proche et j’étais sûr de la trouver au Canada.
Pour moi, le Québec n’est qu’à une heure et demie en avion mais pour le voyageur, c’est un monde lointain et bien différent. Je sais bien que le Québec n’est pas vraiment la France—c’est une province unique au monde avec sa propre culture et un dialecte assez spécial. Mais historiquement, le Québec c’est la France en Amérique, et ça, c’est un mélange irrésistible, non?
Qu’est-ce que c’est mon but de ce voyage au Québec? Qu’est-ce que je cherche ici? Alors, je cherche la France en Amérique : l’esprit de la France, ses traditions, sa langue et tout ce qui est venu de là-bas et qui reste sur mon continent. Québec est le vrai cœur de l’Amérique française, dès l’arrivé des premiers explorateurs comme Jacques Cartier.
Dans le passé, la plupart de l’Amérique était française. Trop peu d’Américains savent que jadis, leur propre pays était tout à fait français. Peut-être que l’histoire a changé des choses un peu, mais ce qui ne change pas, c’est qu’il reste encore un monde français en Amérique du Nord, de la Louisiane jusqu’à La Terre Neuve et les deux petites îles de St. Pierre et Miquelon (qui font toujours partie de la France). En plus, les traditions françaises de l’Amérique sont nombreuses, ayant survécues dans les cultures qui se trouvent à travers le continent : les Cajuns dans le Sud, leurs cousins les Acadiens dans le nord-est, les Québécois au Québec, les Franco-Ontariens dans le nord, et les Haïtiens dans les Caraïbes—et ce n’est pas tout. J’imagine que beaucoup d’Américains ont des racines françaises—même s’ils ne le savent pas.
Dans un monde fort anglophone, on oublie le passé français de notre pays et puis le présent aussi—l’Amérique était française, mais au Québec, il en est toujours ainsi. Ici, l’Amérique parle toujours français et les gens se souviennent d’une histoire de près de 500 ans, donc la devise du Québec : « Je me souviens ». Pour moi, ces trois mots—je me souviens—sont simplement poétique.
Moi aussi, je me souviens—de mes premiers rêves de voyage, de ma première visite en France, de mon premier voyage au Québec, et de la première fois que j’ai parlé dans une autre langue (français!) et quelqu’un m’a compris (plus ou moins). Aujourd’hui je me souviens (un peu, au moins) de la langue française et en voyageant au Québec, je peux mieux m’en souvenir.
Evidemment, le français n’est pas ma langue maternelle—mais c’est une langue que j’aime beaucoup et en plus, c’est une langue qui m’a fait voyager. En réfléchissant sur ma vie de voyage, je dois accepter que c’est bien le français qui m’a inspiré d’aller au-delà mon propre espace linguistique—hors de la géographie énorme et anglophone et aux endroits, qui pour moi, tiennent toujours un son exotique : La France, le Québec, Tahiti et le Sénégal.
Aujourd’hui c’est très facile de voyager sans savoir la langue de la destination. Si on est né anglophone, on a l’impression que le monde est anglais. Souvent les gens m’expliquent, « L’anglais, c’est la langue d’affaires. » Peut-être c’est vrai, mais si je fais mes affaires en anglais, je fais le voyage en français. Donc je répond à tous, « Le français, c’est la langue de voyage» (c’est aussi la langue de cuisine, d’amour, de littérature et de bon goût, mais on parlera de ça plus tard).
La réalité c’est que la plupart des Américains sont les francophiles. Nous adorons tout ce qui est français et nous le cherchons sans arrêt. Comme toute fantaisie on cherche toujours très loin de chez nous, quoique les réalités du Québec sont beaucoup plus accessibles et agréables. Je vais vous montrer.
Finalement, ne t’inquiète pas : je ne vais pas commencer à blogger tout le temps en français. Je n’ai pas le temps et vous n’auriez pas la patience.





















